La VAE : Un droit entravé par les conséquences de la réforme de 2022
La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) constitue un outil fondamental pour reconnaître les compétences professionnelles et favoriser l’évolution de carrière de toutes et tous.
Pourtant, la réforme de 2022, menée sans véritable concertation avec les acteurs du terrain, a profondément fragilisé l’accès à ce dispositif.
Les conséquences les plus préoccupantes touchent le service public de conseil en VAE ainsi que le financement de l’accompagnement, deux piliers indispensables pour sécuriser les parcours et garantir la réussite des candidats.
Aujourd’hui, de nombreux actifs souhaitant faire valoir leur expérience se heurtent à des obstacles techniques, financiers et organisationnels, remettant en cause l’égalité d’accès à la certification.
Face à cette situation, nous demandons le rétablissement :
- d’un service public expert et accessible de conseil en VAE ;
- des aides financières dédiées à l’accompagnement VAE ;
afin d’assurer un parcours VAE réellement ouvert à toutes et à tous.
Pourquoi ce financement est indispensable ?
1. L’absence de conseil : une aberration
La réforme de la VAE de 2022, en visant à confier la gestion des parcours à une plateforme numérique (France VAE), a entraîné la fermeture progressive des dispositifs régionaux spécialisés en orientation et conseil VAE. Cette décision méconnaît pourtant une réalité bien documentée : plus de 70 % des candidats à la VAE ne sont pas en mesure d’identifier seuls la certification correspondant à leur expérience, ni de distinguer la plus pertinente lorsque plusieurs options existent.
Or la phase de conseil est déterminante. La supprimer revient à priver les candidats d’une expertise indispensable. C’est comme si, dans le domaine médical, on supprimait la consultation du médecin généraliste et les examens préalables, en laissant chacun établir lui-même son propre parcours de soins.
Sans orientation experte, de nombreux actifs risquent de s’engager dans un parcours inadapté, augmentant mécaniquement le taux d’échec et entraînant un gaspillage des financements, notamment du CPF.
2. Un blocage des financements pour les salariés
Les salariés étaient auparavant soutenus par les associations Transition Pro pour financer leur projet de VAE.
Depuis Février 2025, ces fonds sont mis sous séquestre, privant ainsi des milliers de travailleurs d’une opportunité de reconnaissance professionnelle et de progression de carrière.
3. Une exclusion des demandeurs d’emploi
Dans plusieurs régions, les aides à la VAE pour les demandeurs d’emploi ont été suspendues.
Pourtant, face aux plans sociaux et à l’augmentation du chômage, il est urgent de rétablir ces financements.
La VAE est un moyen rapide et efficace pour permettre aux demandeurs d’emploi de certifier leurs compétences et de rebondir sur le marché du travail.
4. Un oubli des agents de la fonction publique
Les fonctionnaires, comme tout autre actif, développent des compétences essentielles dans l’exercice de leur métier.
Pourtant, aucun financement spécifique ne leur est accordé pour valoriser leur expérience et évoluer dans leur carrière.
Une impasse financière pour les candidats à la VAE
Aujourd’hui, dans la plupart des régions, le Compte Personnel de Formation (CPF) est devenu la seule source de financement pour un parcours VAE.
Or, le solde moyen du CPF par actif avoisine 1 800 €, alors qu’un parcours VAE complet coûte désormais entre 2 800 et 3 800 €, depuis que les frais de procédure et de jury sont devenus éligibles (Décret n° 2025-663 du 18 août 2025).
L’écart de 1 000 à 2 000 € constitue un obstacle rédhibitoire pour une grande majorité de candidats — en particulier pour les employés et ouvriers, aux revenus modestes, qui représentent pourtant plus de 50 % des personnes engagées dans une démarche VAE.
L’abandon progressif des financements publics a donc deux conséquences majeures :
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Une inégalité flagrante d’accès à la certification, qui exclut de fait les actifs ne pouvant pas mobiliser un reste à charge aussi élevé.
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Une rupture d’équité entre les citoyens, puisque l’État finance indirectement les parcours de formation diplômante à hauteur d’environ 10 000 € par année d’étude (soit près de 30 000 € pour un baccalauréat et jusqu’à 80 000 € pour un master), alors qu’il ne consacre aucun financement aux actifs qui ont développé leurs compétences par l’expérience (Et qui n’ont rien couté à la société pendant cette période !)
Cette situation crée une injustice profonde : ceux qui apprennent sur les bancs de l’école sont soutenus, tandis que ceux qui apprennent sur le terrain doivent payer pour faire reconnaître leurs compétences.
Nous demandons :
✍️ Signez cette pétition pour défendre un droit fondamental et exiger des solutions concrètes !


